Le G7 et l’Eurogroupe redonnent espoir aux marchés

Les gouvernements ont-ils gagné la partie? Après une semaine noire, au cours de laquelle Wall Street avait perdu 18,15 %, les Bourses se sont redressées nettement, lundi 13 octobre au matin. La Bourse de Hongkong a gagné près de 9 %, celle de Paris a ouvert en hausse de plus de 5 %, tandis que, pour la première fois depuis longtemps, les tensions se sont apaisées sur les marchés monétaires, avec un reflux des taux d’intérêt à court terme.

Les opérateurs de marché ont réagi positivement à l’annonce du plan d’action décidé, vendredi, à Washington, par le G7 et les mesures dévoilées, dimanche à Paris, par les chefs d’Etat et de gouvernement européens pour mettre fin à la pire crise financière depuis les années 1930.

Critiqués pour leur absence de coordination et la mollesse de leur action, les gouvernements ont tout fait pour afficher leur unité et leur détermination à apporter une réponse globale à une crise globale. Leur riposte vise à restaurer la confiance de toutes les catégories d’acteurs financiers, qu’il s’agisse des épargnants particuliers, des investisseurs professionnels et des banquiers. Elle se décline autour de trois principaux axes.

Le premier est de rassurer les citoyens, d’éviter des mouvements de panique et des ruées aux guichets. Pour cela, les dirigeants ont affirmé solennellement qu’aucune grande banque ne fera faillite – les Américains ont été vivement critiqués lors du G7 sur le fait d’avoir laissé sombrer Lehman – et que les épargnants n’ont rien craindre pour leurs économies.

Le deuxième est de redonner de la liquidité au marché interbancaire, c’est-à-dire de faire en sorte que les établissements financiers acceptent à nouveau de se prêter de l’argent entre eux, ce qui n’est plus le cas depuis de longs mois, tant ils se méfient les uns des autres. Une des mesures phares, venue de Grande-Bretagne, est que les Etats garantissent les prêts interbancaires. De cette façon, les banques seront assurées, quoi qu’il arrive, de récupérer l’argent prêté à d’autres établissements financiers.

Enfin, tous les gouvernements se sont dits prêts à injecter des fonds publics dans le capital des établissements financiers en difficulté pour les rendre plus solides et leur éviter des problèmes de solvabilité. Même les Etats-Unis ont accepté cette idée et ils n’ont même pas exclu d’entrer au capital d’entreprises non financières, comme par exemple General Electric.

COÛT POUR LES FINANCES PUBLIQUES

Si les principes généraux d’action ont été définis, les gouvernements ont aussi décidé de laisser à chaque pays la liberté de mettre en œuvre son propre plan. Les Britanniques ont été les premiers à le faire et ils ont annoncé, lundi matin, la nationalisation de Royal Bank of Scotland et HBOS. Les Allemands et les Français devaient annoncer leurs propres mesures dans l’après-midi.

Le coût pour les finances publiques de ces plans gigantesques – 400 milliards d’euros en Allemagne, 300 milliards en France – s’annonce très élevé. Dimanche, la Norvège a annoncé qu’elle allait emprunter 41 milliards d’euros, sous forme d’obligations d’Etat, pour soutenir ses banques. Cet afflux d’emprunts du Trésor risque de provoquer un engorgement du marché obligataire, et donc une nette remontée des taux à long terme. Ce qui compliquera un peu plus l’accès au financement des entreprises, notamment des PME, déjà touchées par les restrictions de crédit bancaire.

Source: lemonde.fr

AJ

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